• Tomas Tranströmer poete

    Le vent a pénétré dans la forêt de pins. Un murmure pesant et léger.

    La Baltique murmure aussi au milieu de l’île, au fond de la forêt nous voici en haute mer.

    La Vieille femme haîssait le murmure des arbres. Son visage se fermait de mélancolie, chaque fois que la tempête se levait : 

    « Il nous faut penser à ceux qui sont là-bas, sur leurs bateaux. »

    Mais elle entendait encore autre chose dans ce murmure, tout comme moi, nous sommes parents.

    (Nous marchons côte à côte. Elle est morte depuis trente ans déjà.)

    Le murmure dit oui et non, entente et mésentente.

    Le murmure dit trois enfants bien portants, un au sanatorium et deux autres disparus.

    Le grand courant d’air qui insuffle la vie à certaines flammes et qui en éteint d’autres.

    Les circonstances.

    Le murmure :  Délivrez-moi, Seigneur, les eaux me pressent l’âme.

    On marche longtemps et on écoute et on arrive au moment où les frontières s’ouvrent

    ou plutôt

    où tout devient frontière. Une place découverte plongée dans l’obscurité. Des gens sortent groupés des bâtiments faiblement éclairés tout autour. Une rumeur.


  • Commentaires

    1
    Mardi 20 Février à 14:04

    La mer qui bruit dans les arbres... Murmure... Rumeur... Et ces voix qui s'effacent... Un beau texte, un texte qui sent la Scandinavie et ses grands espaces, qui rappelle les légendes et l'île d'Avalon.

      • Samedi 24 Février à 07:30

        Tout ce que j'aime...Merci Mayalila

    2
    Jeudi 22 Février à 21:40

    bravo! j'aime! Bonne soirée,

    Gisèle

      • Samedi 24 Février à 07:30

        Merci Gisele, bon week-end

    3
    Vendredi 23 Février à 22:10

    Bonsoir Marlène,

    Il y a quelque chose d'oppressant dans ce magnifique texte. Peut-être ce vent râleur qu'on entend siffler tout au long, entre chaque mot, chaque ligne... Ce vent qui attise le feu ou l'éteint, qui va, qui vient, qui caresse ou brutalise... 

    Bon weekend, et merci pour ce partage.

    Fabrice

      • Samedi 24 Février à 07:29

        Dans le vent je vois surtout la liberte...Merci pour tes mots

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