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    Les peupliers d’argent
    Qui s’inclinent sur l’eau
    Savent tout, mais ne parleront jamais.
    Le lys de la fontaine
    Tait sa tristesse.
    Tout est plus digne que l’humanité !

    Face au ciel étoilé, la science du silence
    Appartient à la fleur tout autant qu’à l’insecte.
    La science du chant pour le chant
    Habite les bois murmurants
    Et les flots de la mer.
    Le silence profond de la terre qui vit,
    C’est la rose qui nous l’enseigne
    Au rosier épanouie.

    Il faut répandre le parfum
    Que nos âmes enclosent !
    Il faut être musique,
    Lumière et bonté.
    Il faut s’ouvrir entier
    A l’obscur de la nuit
    Pour nous emplir d’immortelle rosée !

    Il faut coucher le corps
    Dans notre âme inquiète !
    Aveugler nos regards du jour de l’au-delà.
    Nous devons nous pencher
    Sur l’ombre de nos cœurs
    Et jeter à Satan l’astre qu’il nous tendit.

    Il faut imiter l’arbre
    Constamment en prière
    Et l’eau de la rivière
    Fixe en l’éternité !

    Il faut blesser son âme aux griffes des douleurs
    Pour qu’y entrent les flammes
    De l’horizon astral !

    Alors dans l’ombre de l’amour défait
    Jaillirait une aurore

    Tranquille et maternelle.
    Des cités dans le vent disparaîtraient
    Et sur un nuage Dieu même
    Viendrait nous visiter.

     

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  • Saurait-on jamais ce que souffrent les autres, s'ils n'en parlaient pas ?

     Guy TIROLIEN a sans doute atteint le sublime dans cette modeste poésie, si juste, si vraie, si réaliste,   que de nombreux ecoliers ont etudiée en Afrique ou ailleurs, il y a des années

     

     

    Seigneur
    je suis très fatigué
    je suis né fatigué
    et j'ai beaucoup marché depuis le chant du coq
    et le morne est bien haut qui mène à leur école
    Seigneur je ne veux plus aller à leur école ,
    faites je vous en prie que je n'y aille plus
    Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches
    quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois
    où glissent les esprits que l'aube vient chasser
    Je veux aller pieds nus par les sentiers brûlés
    qui longent vers midi les mares assoiffées
    je veux dormir ma sieste au pied des lourds manguiers
    je veux me réveiller
    lorsque là bas mugit la sirène des blancs
    et que l'usine
    ancrée sur l'océan des cannes
    vomit dans la campagne son équipage nègre
    Seigneur je ne veux plus aller à leur école
    faites je vous en prie que je n'y aille plus
    (...)
    Je préfère flâner le long des sucreries
    où sont les sacs repus
    que gonfle un sucre brun
    autant que ma peau brune
    Je préfère
    vers l'heure où la lune amoureuse
    parle bas à l'oreille
    des cocotiers penchés
    écouter ce que dit
    dans la nuit
    la voix cassée d'un vieux qui raconte en fumant
    les histoires de Zamba
    et de compère Lapin
    et bien d'autres choses encore
    qui ne sont pas dans leur livre .
    (...).
    Et puis
    elle est vraiment trop triste leur école
    triste comme
    ces messieurs de la ville
    ces messieurs comme il faut
    qui ne savent plus danser le soir au clair de lune
    qui ne savent plus marcher sur la chair de leurs pieds
    qui ne savent plus conter de contes aux veillées
    Seigneur je ne veux plus aller à leur école.


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    L'exil se perd en ligne droite

    Sur les rivages lointains

    Avec les mots espacés

    À deux pas de l'horizon

    Entre le jour et la nuit

     


     


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    Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !
    Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
    Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,
    Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
    Tourbillonner, danser une danse sonore,
    Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
    On s'éveillait matin, on se levait joyeux,
    La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...
    On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
    Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
    Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
    Aux portes des parents tout doucement toucher ...
    On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,
    Les baisers répétés, et la gaieté permise !

     

     

     

     

     


    4 commentaires
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    - Ecureuil du printemps, écureuil de l'été, qui domines la terre avec vivacité, que penses-tu là-haut de notre humanité ?

    - Les hommes sont des fous qui manquent de gaîté.

    - Ecureuil, queue touffue, doré trésor des bois, ornement de la vie et fleur de la nature, juché sur son pin vert, dis-nous ce que tu vois ?

    - La terre qui poudroie sous des pas qui murmurent.

    - Ecureuil voltigeant, frère du pic bavard, cousin du rossignol, ami de la corneille, dis-nous ce que tu vois par delà nos brouillards ?

    - Des lances, des fusils menacer le soleil...

    - Ecureuil aux yeux vifs, -pétillants, noirs et beaux, humant la sève d'or, la pomme entre tes pattes, que vois-tu sur la plaine autour de nos hameaux ?

    - Monter le lac de sang des hommes qui se battent.

    - Ecureuil de l'automne, écureuil de l'hiver, qui lances vers l'azur, avec tant de gaîté, ces pommes.... que vois-tu ?

    Demain tout comme Hier.

    Les hommes sont des fous et pour l'éternité.

     

     

     


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