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    J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

    Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
    De vers, de billets doux, de procès, de romances,
    Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
    Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
    C'est une pyramide, un immense caveau,
    Qui contient plus de morts que la fosse commune.
    - Je suis un cimetière abhorré de la lune,
    Où comme des remords se traînent de longs vers
    Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
    Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
    Où gît tout un fouillis de modes surannées,
    Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
    Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

    Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
    Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
    L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
    Prend les proportions de l'immortalité.
    - Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !
    Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
    Assoupi dans le fond d'un Saharah brumeux ;
    Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
    Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
    Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.




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    Les heures sont des fleurs l'une après l'autre écloses
    Dans l'éternel hymen de la nuit et du jour ;
    Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
                Et ne les donner qu'à l'amour.
     
    Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure,
    Qu'au néant destructeur le temps vient de donner ;
    Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
                Toujours celle qui va sonner.
     
    Et retenez-la bien au gré de votre envie,
    Comme le seul instant que votre âme rêva ;
    Comme si le bonheur de la plus longue vie
                Était dans l'heure qui s'en va.
     
    Vous trouverez toujours, depuis l'heure première
    Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois,
    Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
                Les myrtes à l'ombre des bois.
     
    Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
    Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
    Rajeunit l'autre sang qui vieillit dans vos veines
                Et donne l'oubli du passé.
     
    Q
    ue l'heure de l'amour d'une autre soit suivie,
    Savourez le regard qui vient de la beauté ;
    Être seul, c'est la mort ! Être deux, c'est la vie !
                L'amour c'est l'immortalité !


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  • "Même si on ne vous porte plus, même si on ne vous aime plus, même si on ne vous regarde plus, ce qui a été donné, vraiment donné, une fois, l’a été pour toujours. A ce moment-là, vous pouvez aller vers la solitude comme une hirondelle peut aller vers le plein ciel. "


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  • René Descartes. Dans son traité Les Passions de l'âme, Descartes identifie six émotions simples : "l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse" et toutes les autres en sont composées de quelques de ces six ou bien en sont des espèces.

    Une émotion est une réaction psychologique et physique à une situation. Elle a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité. En cela, une émotion est différente d'une sensation, laquelle est la conséquence physique directe (relation à la température, à la texture...). La sensation est directement associée à la perception sensorielle. La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnelle. Néanmoins, une accumulation de sentiments peut générer des états émotionnels.

    Huit types d'émotions  : neutralité, euphorie, joie, tristesse, férocité, déception, gêne et pe


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    Je ne sais pas ce que c’est. Je ne peux pas te dire ce que c’est. Je n’en ai pas la moindre idée ; c’est
             comme avec les mots, ce n’est plus très clair ce qu’ils sont.
    Dedans le monde. Une fois perdu dans l’herbe et toujours à genoux, heureux. Pendant une seconde
             perdre le contact avec la méchanceté et toujours penser à une quelconque petite seconde à
             venir.
    Prends soin des arbres, si tu veux. Ils déploient, plient, ferment, sont entrebâillés. Ils ont une vie
             d’arbre, plus longue en moyenne. Les arbres sont beaux aussi.
    Prends soin de la mer, du ciel et des arbres si tu veux. Ce qui coule, ce qui soulève ; ce qui porte. Ce
             qui vit le plus longtemps et tout ce qui bouge avec, dans, sur ; ce n’est plus très clair ce que
             c’est.
    Mais c’est dedans le monde. Nous avons bâti un endroit et commençons par des pas. Nous
             nous
             blottissons contre un arbre pour nous rappeler l’herbe. Nous nous blottissons l’un
             contre l’autre pour nous rappeler l’arbre. Nous avançons pas à pas, essayons de nous
             rappeler le corps, nous nous blottissons contre le vent et l’espace et essayons de voir ce que
             c’est.
    Mais ce n’est plus très clair. Nous sommes dedans le monde. Herbe, arbre, corps. Mer, ciel, terre

     

     

     

    Inger Christensen, Herbe, traduit du danois par Janine et Karl Poulsen, Atelier La Feugraie, 1993, p.43-44. 


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