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    Feu

    Devant lequel je suis seul ce soir

    Avec mes mains et cette armure végétale

    Où se brise mon sang

    Profitons du moment

    Pour tout dire

    Steppe rouge beauté

    Lassos de tendre chair

    Je suis le cavalier qui traverse cet air

    Où le fauve bondit dans les cercles des flammes

    Feu sur moi sur mon front

    Dans mes yeux difficiles

    Et sur la vitre lourde éclaboussée d’embruns.

     

                          


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  •  " Et au coin de la rue Courtois arrivent "


    Quand je suis dans la cuisine j'aime bien regarder
    par la fenêtre ouverte, accoudé ...

    les mômes dans la cour de la crèche,
    les grues qui tournent dans le chantier en face,
    les bagnoles qui se garent plus ou moins adroitement,
    les gens, toutes sortes de gens, qui passent sur le trottoir, pendant que la dorade cuit doucement dans le four ...

    Hier soir, j'étais installé.

    Les nuages en provenance de l'ouest prenaient de la vitesse, et au coin de la rue Courtois arrivent
    une jeune femme à la lâche chevelure brune frisée
    et une jeune fille, en trottinette, avec
    une paire de lunettes de soleil à monture blanche.

    Toutes deux discutaient, échangeaient
    en marchant d'un bon pas pour celle plus âgée, qui parle avec les mains et à une allure superbement adaptée à son interlocutrice, pour celle à deux roues.

    Je ne comprenais pas leur conversation mais j'entendais leur bonheur, leur sourire convenait à leur démarche gracieusement entendue, leur plaisir d'être ensemble irradiait jusqu'au quatrième étage ...

    Buteo  Jouissances minimalistes


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  • L’ardeur

    Rire ou pleurer, mais que le cœur
    Soit plein de parfums comme un vase,
    Et contienne jusqu’à l’extase
    La force vive ou la langueur.

    Avoir la douleur ou la joie,
    Pourvu que le cœur soit profond
    Comme un arbre où des ailes font
    Trembler le feuillage qui ploie ;

    S’en aller pensant ou rêvant,
    Mais que le cœur donne sa sève
    Et que l’âme chante et se lève
    Comme une vague dans le vent.

    Que le cœur s’éclaire ou se voile,
    Qu’il soit sombre ou vif tour à tour,
    Mais que son ombre et que son jour
    Aient le soleil ou les étoiles…


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    Un jour, une jeune guerrier indien prit un œuf dans le nid d'un aigle, l'emmena dans une ferme et le mit à couver dans la basse-cour. Quand l'œuf vint à éclore, le petit aiglon sortit et grandit parmi les poussins, picorant sa nourriture comme ses frères. Un jour, il regarda le ciel et vit un superbe aigle qui planait près des nuages. Il sentit ses ailes frémir et dit à l'un des poulets: "comme j'aimerais en faire autant!" - "ne sois pas idiot, répondit le poulet, seul un aigle peut voler aussi haut". Honteux d'avoir désiré l'impossible, le petit aigle retourna gratter la poussière et ne remit plus jamais en cause la place qu'il croyait avoir reçue sur cette terre.


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  • Extrait d'un texte d'Ankh  : du  papyrus Chester Beatty Édité par Alain Gardiner et intitulé "Grande joie du coeur".   

    "Tu es la Grande Joie du Cœur, l'unique, la bien-aimée, la sans pareille, la plus belle du monde. 

    L'unique, la bien-aimée, la sans pareille,

    La plus belle du monde,

    Regarde-la, telle l'étoile étincelante de l'an nouveau

    Au seuil d'une bonne année.

     

    Celle dont brille la grâce,

    Dont la peau luit d'un tendre reflet. 

    Elle possède des yeux au regard limpide

    Et des lèvres au doux parler. 

    Jamais parole superflue ne sort de sa bouche.

     

    Elle, dont le cou est long, la poitrine lumineuse,

    Est dotée d'une chevelure couleur de lapis-lazuli poli.

     

    Ses bras surpassent l'éclat de l'or,

    Ses doigts sont semblables aux calices de lotus,

    Celle dont les jambes défendent la beauté,

    Celle à la démarche empreinte de noblesse

    Lorsque à terre elle pose les pieds. 

    De son baiser me prend le cœur !

     

    Elle fait que le cou de tous les hommes

     Se tourne pour la regarder,

     Et chacun de ceux qu'elle salue est heureux :

     Il se sent, alors, le premier des jeunes gens. 

     Lorsque de sa demeure elle sort, 

    On croit, alors, voir Celle-qui-est-l'Unique !"

     

     

     


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