•  

     

     Les chevaux du destin.

    Un modeste paysan vivait au nord de la Chine, aux confins des steppes hantées par les hordes nomades. Il rentra un jour de la foire en sifflotant avec une superbe pouliche qu'il avait achetée à un prix raisonnable, engloutissant tout de même cinq ans d'économies. Quelques jours plus tard, son unique cheval, qui constituait tout son capital, s'échappa et disparut vers la frontière. L'événement fit le tour du village et les voisins vinrent tour à tour plaindre le fermier de sa malchance. Il haussait les épaules et répondait imperturbablement :
    - Les nuages cachent le soleil mais apportent la pluie. D'un malheur naît parfois un bienfait. Nous verrons.
    Trois mois plus tard, la jument réapparut avec un magnifique étalon sauvage caracolant à ses côtés. Elle était grosse. Les voisins vinrent féliciter l'heureux propriétaire :
    - Vous aviez raison d'être optimiste. Vous perdez un cheval et vous en gagnez trois !
    - Les nuages apportent la pluie nourricière, et parfois l'orage dévastateur. Le malheur se cache dans les plis du bonheur. Attendons.
    Le fils unique du paysan dressa l'étalon fougueux et prit plaisir à le monter. Il ne tarda pas à faire une chute de cheval où il faillit se rompre le cou. Il s'en tira avec une jambe cassée.
    Aux voisins qui venaient à nouveau lui chanter leur complainte, le philosophe campagnard répondit :
    - Calamité ou bénédiction, qui peut savoir ? Les changements n'ont pas de fin en ce monde impermanent. Quelques jours plus tard, la mobilisation générale fut décrétée dans le district pour repousser une invasion mongole, tous les jeunes gens valides partirent combattre et bien peu regagnèrent leurs foyers. Mais le fils unique du paysan, grâce à ses béquilles, échappa au massacre.

    Contes des sages taoïstes


    7 commentaires
  •  

     Mon pays fait vingt et un centimètres de large, sur vingt-neuf de long: une feuille de papier blanc.

     


    10 commentaires
  •  

      

     

    Des chevaux et des chiens

     

    Les chevaux et les chiens

    Parlent mieux que les hommes

    Et savent de très loin

    Reconnaître le ciel

     

    Ils n’ont pour eux que l’herbe

    Et la grave tendresse

    Des bêtes qui remuent

    Tristement le passé

     

    Mais dans leurs yeux inquiets

    Des choses et des hommes

    Passe parfois l’éclair

    D’une saison future.

     

     

     


    8 commentaires
  •  

     

     

     

     

     

     

     

    Poème accompagnant l'exposition Chagall Landerneau 2016

     


    Seul est mien
    Le pays qui se trouve dans mon âme
    J'y entre sans passeport
    Comme chez moi
    Il voit ma tristesse
    Et ma solitude
    Il m'endort
    Et me couvre d'une pierre parfumée

    1945-1950

     

     

     

     

     

     

     


    9 commentaires
  •  

     

     

     

    Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance,
    j'affirme ma foi dans l'avenir de l'humanité.
    Je refuse de croire que les circonstances actuelles
    rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.

     

    Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent l'homme à ce point captif de la nuit
    que l'aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

     

    Je crois que la vérité et l'amour, sans conditions,
    auront le dernier mot effectivement.

     

    La vie, même vaincue provisoirement,
    demeure toujours plus forte que la mort.

     

    Je crois fermement qu'il reste l'espoir d'un matin radieux,
    je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi.

     

    Chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier, dans sa vigne,
    et plus personne n'aura plus de raison d'avoir peur.

     

    Martin Luther King

     

     


    12 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique