• Gerard de Nerval Le Ballet des heures

     

    Les heures sont des fleurs l'une après l'autre écloses
    Dans l'éternel hymen de la nuit et du jour ;
    Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
                Et ne les donner qu'à l'amour.
     
    Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure,
    Qu'au néant destructeur le temps vient de donner ;
    Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
                Toujours celle qui va sonner.
     
    Et retenez-la bien au gré de votre envie,
    Comme le seul instant que votre âme rêva ;
    Comme si le bonheur de la plus longue vie
                Était dans l'heure qui s'en va.
     
    Vous trouverez toujours, depuis l'heure première
    Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois,
    Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
                Les myrtes à l'ombre des bois.
     
    Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
    Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
    Rajeunit l'autre sang qui vieillit dans vos veines
                Et donne l'oubli du passé.
     
    Q
    ue l'heure de l'amour d'une autre soit suivie,
    Savourez le regard qui vient de la beauté ;
    Être seul, c'est la mort ! Être deux, c'est la vie !
                L'amour c'est l'immortalité !


  • Commentaires

    1
    Mardi 13 Octobre 2015 à 11:29

    Mais, pas de doute, c'est de toute beauté! Bravo de nous rappeler ce que nous avons appris dans notre enfance (adolescence!) et que j'avais sottement oublié.
    Bises

    Gigri

    2
    Mardi 13 Octobre 2015 à 15:21

    Un beau poème que je ne connaissais pas. merci, Marlène !

    3
    *
    Mardi 13 Octobre 2015 à 19:24
    L'instant est rêve
    Au regard du Coeur
    Le Silence s'Enlace
    En son parfum eternEl

    Bisous Marlene
    4
    Mardi 13 Octobre 2015 à 20:29

    je connais mal Nerval, et j'avoue que les premiers poèmes que j'ai lus de lui ne m'ont pas vraiment plus.

    Mais je découvre avec plaisir celui-ci.

    Merci, Marlou.

    Bises et douce soirée.

    5
    Samedi 17 Octobre 2015 à 19:59

    Un beau poème que je ne connaissais pas

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